Feeds:
Entradas
Comentarios

COP21 : des «pèlerins du climat» remettent une pétition à Nicolas Hulot

Libération
1,8 million de Terriens

Nicolas Hulot, le 7 octobre 2015, à Paris

Par Bernadette Sauvaget 28 novembre 2015 à 16:44
Nicolas Hulot, le 7 octobre 2015, à Paris Photo Eric Feferberg. AFP

Dans l’air, il y a comme du rattrapage. Sur scène, Nicolas Hulot, l’envoyé spécial de l’Elysée pour la protection de la planète, promet aux «pèlerins du climat», ce samedi à Saint-Denis, qu’ils seront reçus par le président de la République, François Hollande. Tout prochainement, dans les jours qui viennent.

Aux très nombreux dirigeants de la planète qui se retrouvent à Paris pour la COP21, ils veulent remettre une pétition mondiale signée par presque 1,8 million de Terriens (1,780558 million pour être exact) qui plaident pour que les pays riches aident les pays pauvres à faire face à la crise climatique. «Je me réjouis que vous ayez fait prendre conscience que la crise climatique était aussi une crise spirituelle, lance à l’assistance, Nicolas Hulot. Vous n’êtes pas seulement des croyants, vous êtes la famille humaine.»

Depuis le début 2015, chrétiens, bouddhistes, hindouistes, musulmans ou juifs se sont mobilisés et ont mené campagne ensemble – ce qui est rare dans les sphères religieuses – pour peser sur les négociations de Paris. «Cette rencontre est cruciale. Les générations à venir, nous jugeront sur ce que nous avons pu obtenir», clame sur scène, le Philippin Yeb Sano. Ce catholique, ancien négociateur de son pays à la COP 19 à Varsovie, est l’une des figures de la mobilisation des religions pour la justice climatique. C’est lui qui a lancé la campagne des jeûnes, repris à travers toute la planète. Mardi prochain, ce jeûne aura lieu dans les locaux mêmes de la COP 21.

Avec d’autres croyants, Yeb Sano a mené l’un des trois pèlerinages climatiques qui sont partis des Philippines, de Norvège et d’Allemagne pour aboutir, ce samedi, à Saint-Denis. Sur la route, ils ont recueilli des signatures pour la pétition et organisé des conférences pour sensibiliser à leur cause. A Saint-Denis, ils sont deux cents à représenter les milliers qui ont marché ces dernières semaines. Apiculteur bio dans la Drôme, Sébastien a rejoint, le 10 novembre à Lyon, le groupe de Yeb Sano. Il a marché avec eux. «Nous dormions dans des paroisses, chez des particuliers, raconte-t-il. Dans notre groupe d’une vingtaine de personnes, il y avait neuf nationalités. Ce que j’ai appris en marchant avec elles, c’est que l’on pouvait changer le monde.»

Sur fond d’état d’urgence

L’heure est grave mais l’ambiance plutôt bon enfant. «Nous avons besoin qu’il y ait un accord contraignant à Paris», plaide, lui, le cardinal catholique Claudio Humes, l’un des grands amis du pape François. En 2015, l’Eglise catholique a comblé son retard. Contrairement aux Eglises protestantes et aux courants bouddhistes, les catholiques étaient un peu frileux sur les questions d’environnement. La publication, en juin dernier, de l’encyclique du pape consacrée à l’écologie a changé la donne.

Personne n’en parle mais tout le monde y pense. Que la COP 21 se tienne à Paris après les attentats du 13 novembre donne à ce grand sommet une résonance particulière. Quand elle prend la parole, la diplomate costaricaine, Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, se retient de fondre en larmes. Pour des raisons de sécurité sans doute, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal ne sont pas venus accueillir les «pèlerins du climat», ni recevoir leur pétition.

«Sur l’estrade, c’est bien que l’on parle de l’injustice climatique imposée aux pays du Sud, relève le pasteur protestant Stéphane Lavignotte, membre du comité local en Seine Saint-Denis. Mais on oublie ce que vivent aussi les habitants de ce département.» Pour accueillir les pèlerins venus du monde entier, il avait été prévu des parcours dans la ville pour pointer du doigt les problèmes environnementaux, comme les ravages des autoroutes ou les logements insalubres. «Nous voulions aussi mettre en valeur les réponses qui ont déjà été trouvées», poursuit le pasteur Lavignotte. Tout a été annulé à cause de l’état d’urgence.

Bernadette Sauvaget

Comments RSS

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión /  Cambiar )

Google photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google. Cerrar sesión /  Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión /  Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión /  Cambiar )

Conectando a %s

A %d blogueros les gusta esto: